MOSES BAXTER – SOUND OF THE REAL

Moses BaxterSound Of The Real est probablement le premier album à se faire une place
dans mon top électro de l’année, et ce avec une facilité inhabituelle.
La première écoute se termine, et on se demande tout simplement
comment le montréalais Moses Baxter a réussi à monter un (premier) album
aussi bien réparti entre la technique, la créativité et le plaisir pur et simple d’écouter.
Enfin, d’un point de vue électroacoustique, c’est le genre d’album
qui fait un lien entre la musique concrète de Schaeffer,
la synthèse sonore deStockhausen et les objets trouvés de John Cage;
tout ça emballé gracieusement dans des rythmes africains
et de la techno allemande fin années 90. On s’en doute, c’est un pur délice.

Sound Of The Real commence sur du «field recording» de terrain de jeu, avec Das ist nur ein Ball.
Le rythme est d’abord défini par un ballon, qui se transforme en échantillon, et se transporte en piste techno.
Ça fait sourire jusqu’aux oreilles. Fast jede Nacht continue la visite dans une veine EBM
à saveur deSEQ666 de Front 242Kirche um 6 Uhr (Feat. Ngabo) amène l’album vers un sommet
avec le chant en swahili de Ngabo, le traitement de rythmes africains et le travail d’échantillonnage de sons
de clocher d’église qui mène la ligne mélodique. C’est foutument bien développé,
et ça se danse autant dans un club qu’autour d’un feu de joie. Prenzlauer Allee ramène ça dans l’underground
avec de la synthèse FM syncopée.

Jagd commence sur une base électro un peu lounge, et monte d’un cran en se dirigeant vers la piste de danse.
 Ventilatordefekt ralenti la cadence avec son style concret ambiant, dont un des synths me fait étrangement penser
à One Day de Skinny PuppySie singt auf der Strasse ralenti davantage le momentum avec son rythme lourd
et sa palette de sons urbains. Moritzplatz quant à elle retourne à la techno nineties
genre Solutions For A Small Planet; simple et efficace.

Was man Wirklichkeit nennt fait un clin d’œil à Stockhausen avec son début puriste, qui devient ensuite
une trame lounge. Flugzeugeffekt continue dans une forme concrète ambiante, mais le montage
en boucle la fait un peu plafonner. Waschmaschinensymphonie revisite le rythme techno
avec échantillons syncopés. Harfe am Fenster débute sur un ton un peu enfantin, approfondi à mi-chemin
par un beat pesant, et termine l’album comme une boîte à musique que l’on ferme.

Sound Of The Real comporte deux sources d’inspiration entre lesquelles rebondissent une quantité phénoménales
d’idées: une première qui va puiser dans les travaux de pionniers de l’électroacoustique, et une autre,
plus formelle, qui rappelle les belles années du techno industriel d’Off Beat et Zoth Ommog, parmi d’autres.
Conséquemment, Moses Baxter a trouvé un équilibre entre le plaisir cérébral de l’écoute de chambre
et l’excitation physique de la piste de danse, mélange qui n’est pas prêt de nous ennuyer. Chapeau!

MA NOTE: 9/10

Moses Baxter
Sound of the Real
Indépendant
60 minutes


http://lecanalauditif.ca/moses-baxter-sound-of-the-real/

Les vitrines «construction» du GAMIQ : formule prometteuse

C’est dans le cadre de ses dix révolutions autour du soleil
que le Gala de l’alternative musicale indépendante du Québec (GAMIQ)
a décidé d’offrir une vitrine toute particulière aux artistes
qui ont soumis leur œuvre au scrutin cette année. En format animation radiophonique
pour diffusion éventuelle sur le web, le groupe 
Tracer Flare 
et le producteur 
Moses Baxter étaient les élus d’hier soir et ont pris place
entre les murs poussiéreux mais accueillants du Musée du Rock’n’Roll du Québec.

L’hôte de la soirée se place par la suite derrière la grande console et saisit le micro
afin de déprésenter le 
set saisissant qui a été présenté au maigre public.
C’est alors que le producteur expérimental électro 
Moses Baxter commence à installer
ses consoles aux multiples fils pour balancer le deuxième set de la soirée.


MosesBaxter580

Crédit : Alexandre Demers
 

Après un début de performance avorté par des problèmes techniques, 
Moses Baxter reprend ses esprits et amorce son set entouré d’effets
techno mystérieux qui ressortent de partout.Le producteur sait comment
construire des atmosphères obscures et énigmatiques de manière assez habile.
Ce qu’il offre au public a quelque chose de saccadé mais de certainement éclectique.
Vers la fin de son set, il invite le chanteur Ngâbo à se joindre à lui
pour interpréter une pièce aux touches légèrement R&B.
Le tout est franchement bien orchestré et rend bien hommage au produit sur disque.
C’est entouré de ses proches que Moses Baxter met fin à sa performance
en remerciant les gens du public. La grosse affaire!

Le GAMIQ a certainement mis le doigt sur une manière intéressante
de promouvoir les artistes qui ont soumis leur art aux juges du gala.
En plus de les présenter en salle les uns après les autres
dans un format très intimiste, les performances sont enregistrées
pour éventuellement être diffusées sur les plateformes du GAMIQ.
Il serait toutefois intéressant de mieux promouvoir les évènements
afin qu’un plus grand public soit au courant de ces prestations plutôt uniques.
Mais bon, je crois que Dame Nature et son 10 degré celsius
en juin ont calmé les ardeurs de plusieurs…

Le GAMIQ relance la formule la semaine prochaine, même heure, même poste,
avec deux autres artistes invités. Surveillez leur page officielle pour être à l’affût de tout ce qui s’en vient.

http://www.feuavolonte.com/2015/06/03/les-soirees-construction-du-gamiq-formule-interessante/




 

10 artistes locaux qui feront du bruit en 2015


Moses Baxter
Montréalais d’origine maintenant installé à Berlin, Moses Baxter
met de l’avant une démarche de composition assez singulière et pertinente.
Armé de son micro, le compositeur électronique a dévalé les rues berlinoises
pour y enregistrer les sons de la ville et ensuite s’en servir
comme base de création musicale. En résulte 
Sound of the Real,
un premier album qui verra le jour le 17 janvier lors d’
un lancement immersif 
à la Satosphère.


http://www.nightlife.ca/2015/01/14/10-artistes-locaux-qui-feront-du-bruit-en-2015